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NOTES 493

défendre la littérature contre toute espèce de politique. Ah ! M. de Mun a beau jeu en face de son partenaire ! Il a pour lui la religion et la patrie ! — M. de Régnier, lui, a Part, et ne songe pas à s'en servir.

Dédain, détachement, ennui ? Ce discours n'était-il qu'une formalité dont le poète se débarrassait en grand hâte, soucieux de ne point choquer les convenances et rien de plus ?... Enfin la réception de M. de Régnier à l'Académie Française comptait- elle comme un événement d'importance pour tout le monde — sauf pour M. de Régnier ? — Du moins aurons-nous appris par cette séance, ce que nous aurions jusque-là eu peine à nous imaginer, c'est que le digne et honnête écrivain du Roman Russe, le vicomte Melchior de Vogue, doit être décidément tenu pour un auteur considérable, celui-là même qui aurait guidé nos esprits vers 1' " idéal "... Qui s'en doutait r — Dont acte.

H. G.

��LE BEL ECU DE JEAN CLOCHEPIN, par Léon Lafage (Grasset).

M. Léon Lafage a montré (notamment dans son dernierroman Par Aventure) qu'il n'était pas toujours un écrivain régional. Ce n'en est pas moins dans sa région que l'auteur du Bel écu de Jean Clochepin a rencontré les motifs les meilleurs de ses contes, ces petits tableaux paysans brossés avec aisance, clarté, pittores- que et — çà et là — une raillerie un peu goguenarde. Dans ce décor de Quercy, M. Léon Lafage a fait vivre le singulier Clo- chepin, vagabond poétique et chanceux, Poulou, Calitre, Pasté- nargues et le bouvier de la Merlurette. Tous portent de grandes blouses rapiécées, des feutres roux et des barbes flambantes. Gens de pêcherie, de moulins, de terre, la plupart se situent avec aisance dans un décor de petits vignobles et d'olivaies, sous un ciel propice; on les imagine très bien, revenant de la foire

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