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LA FETE ARABE 647

toute changée. Quelle part eut-elle dans le guet-apens où je faillis laisser la vie ? Fut-elle véritablement com- plice ou bien un misérable instrument entre les mains de ceux qui avaient intérêt à me faire disparaître ? Le Marabout lui avait-il fait la leçon ? Ses frères l'avaient-ils terrorisée ? Je n'ai jamais bien éclairci cette affaire.

Un soir, à la nuit tombante, un des ses frères vint la pré- venir que sa mère était au plus mal. A cette nouvelle, Zohira se mit à pousser des cris aigus et à se déchirer le visage avec les ongles. Pour l'apaiser je lui dis que j'allais voir sa mère aussitôt. A ce moment Mohammed me glissa ces mots à l'oreille : " Prends garde, la femme est traîtresse ! " Sans m'arrêter à ces paroles, je rejoignis le frère de Zohira qui m'attendait dans la rue.

Nous nous dirigeâmes ensemble vers le quartier où habitait la vieille. Au moment où je passais dans un de ces couloirs voûtés, comme il y en avait tant à Ben Nezouh, et tout à fait obscurs à cette heure, je me sentis poignardé. Au cri que je poussai, Mohammed qui nous avait suivis de loin accourut sous la voûte. Je reconnus sa voix et m'évanouis aussitôt.

Le lendemain je me réveillai dans un lit de l'hôpital. Mon premier soin fut de réclamer Mohammed. On me répondit que c'était lui qui m'avait assassiné et qu'il était sous les verrous.

Heureusement pour le pauvre garçon, je n'étais pas resté sur le coup. Vingt témoins, et Zohira la première, auraient prouvé qu'il m'avait tué, parce qu'il était jaloux du pouvoir qu'elle avait dans ma maison.

J'obtins qu'on le relâchât sur-le-champ. En dépit du mauvais vouloir des autorités de Ben Nezouh, je fis

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