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LES POÈMES 683

En ce peuple sans amour Coloré de folles gamines Oh ! que de merveilles pour Dames !

��lorsque nous aurons célébré (et non sans quelques réserves, mais oublions-les un instant !) le prestigieux métier du poète... nous n'aurons encore rien dit qui satisfasse ses nouveaux fervents, nous n'aurons pas encore abordé ses chefs-d'œuvre... — Il faut parler des Exilés et on nous somme ici de peser nos mots.

Or, plus nous relisons ces poèmes, et en particulier ceux que M. Charles Morice a choisis pour notre délectation, moins nous nous expliquons l'admiration qu'ils suscitent ; plus nous frappent au contraire l'énorme distance qui sépare le meilleur d'entre eux du moindre morceau de Hugo et la nuance imperceptible qui les distingue, si l'on y prend bien garde, des productions analogues de Mendès, de Silvestre ou de M. Bergerat. Que je prenne la Mort des Dieux ou Erinna, VAme de Célio ou PExil des Dieux, non seulement je n'y trouve pas cette marque personnelle qu'un Baudelaire ou un Hugo imprime, et malgré lui-même, à la moindre de ses œuvres ; mais, aussi bien, même la perfection du métier en est absente et le virtuose ici se tait. Il semble que lorsque Banville se propose un but plus noble que le simple arrangement des mots ou que l'humour satirique, il devienne incertain de ses moyens et gauche. Les chevilles se pressent innombrables sous ses doigts et non pas comme chez Hugo, plus prestigieuses souvent que les vers même qu'elles complètent, mais maladroites, monotones : épithètes banales ou mal justifiées à la rime ; emploi obsédant du mot grand, du mot beau, chaque fois que va manquer un pied (" son beau corps ", " ce bel or ", "les grands Dieux", "son grand cœur", "le grand désert ", " le grand spectre ", cela dans le même passage de La Mort des Dieux, pages 1 1 8- n 9); enfin appositions incessantes et dénuées d'utilité...

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