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NOTES 725

littérature danoise, Herman Bang qui vient de mourir au cours d'une tournée de conférences qu'il faisait aux Etats-Unis. Bien que Herman Bang ait habité Paris et qu'un de ses romans, 77»^, soit traduit en français, son œuvre nous est trop peu connue. Voici comment la définit M. Voirol :

" On a voulu voir en Herman Bang un écrivain hanté du prestige facile des bizarreries, un psychologue presque fantaisiste, chez qui " l'observation passionnée se double toujours d'un sin- singulier goût pour la déformation ". Il fut, quoi qu'en puissent penser certains, un artiste fort sobre... Il arriva que l'écrivain subtil, de par un effort de son intelligence claire, se détourna en lui-même d'un art qui pouvait paraître maladif aux uns, mièvre aux autres. Celui qui fait œuvre d'écrivain, dit un de ses héros dans Nouvelles Excentriçuss, doit ** fortifier l'âme humaine et non la troubler ". Dès lors, ne s'attardant plus aux considérations personnelles il visa à des tendances plus fortes ; suivant le mouvement français de près et réveillé par les coups de timbales du Naturalisme, et par-dessus tout, admirateur à l'excès du génie de Balzac, il préféra, dans sa maturité, peindre l'ensemble agité d'existences diverses, l'histoire de tous les membres d'une famille ".

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��Dans le même numéro, deux lettres de Tolstoï à Bernard Shawr. Ce dernier auteur, qui ne doute de rien, avait tenté de conquérir le sage de Yasnaïa Poliana, Il lui écrivait :

" Vous avez dit que ma manière n'était pas suffisamment sérieuse, que je faisais rire les gens dans les moments les plus graves. Mais pourquoi ne le ferais-je pas ? Pourquoi le rire et l'humour seraient-ils exclus ? Supposez que le monde soit sim- plement une des plaisanteries de Dieu ; auriez-vous travaillé moins pour faire d'une mauvaise plaisanterie une bonne ? "

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