Page:NRF 7.djvu/777

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d'aDDIS-ABEBA a DJIBOUTI 771

pied à terre, y demeureraient empêtrées. Nous poursuivons en silence, le dos rond. — Odeur de sève et de feuillages qui monte des pentes couvertes d'un taillis serré. Le sentier tantôt se glisse dans un vallon aux belles courbes, tantôt serpente à flanc de coteau pour gagner les crêtes ; parfois, on marche entre deux haies continues d'arbustes légers, aux bouquets abondants, pareils à des pousses de noyers. Que ces molles collines touffues doivent être fraîches, vertes et agréables aux regards quand s'y pose la vive clarté de Midi ! A un tournant de la route, ren- contre de quatre jeunes femmes qui cheminent l'une derrière l'autre, bavardes, charmantes. A notre vue, les chammas précipitamment sont rejetés sur leur torse qu'elles avaient nu jusqu'à la ceinture. Lorsque nous les joignons, elles sourient et baissent la tête, mais point leurs jupes haut troussées qui laissent voir les genoux bruns et potelés, les mollets mouillés. Sur leurs cheveux tressés et beurrés, les gouttes de pluie demeurent toutes rondes et font une sorte de résille emperlée. Mes hommes cependant se sont ranimés : du fond des bernous relevés jusqu'au nez, j'entends jaillir les gaillardises coutumières. — Quelque temps, nous suivons dans la boue rougeâtre, les empreintes qu'y ont marquées les jolis pieds de ces passantes : les traces, ensuite, quittent le sentier, se perdent dans le hallier profond.

Brusquement, tandis que nous nous engageons sur une longue descente pierreuse qui coupe à pic le massif des collines, l'averse s'arrête. Soleil tout de suite ardent. L'azur luit. Un cirque de montagnes sèches et nues s'ouvre à nos pieds, à trois ou quatre cents mètres

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