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804 l^A NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

bien des étés. Elle en avait beaucoup d'autres, tout neufs, dans sa boutique, mais on serait vite ruiné si l'on usait soi-même sa marchandise. Elle dit :

— Il fait chaud aujourd'hui, M. Gallois !

— Pour sûr, M""* Durand ! répondit-il.

Elle ne s'arrêta pas, mais elle rencontra " la vieille " qui sortait du jardin. Cette fois elle fit halte. Ni l'une ni l'autre n'était bien pressée. La vieille avait appris quelques nouvelles au lavoir ; M""* Durand, dont la boutique était située non loin de la place, savait tout ce qui se passait dans la petite ville. Tout de même, un quart-d'heure après. M"* Gallois fut obligée de dire :

— Eh bien alors, au revoir. M™* Durand. Parce que, pensez donc, je n'ai pas encore allumé mon feu pour la soupe !

M"" Durand se mit à ramasser de l'herbe pour ses lapins, tout en se promenant.

��II

��Ils étaient mieux outillés que les pauvres. Ils possé- daient, pour l'hiver, cette grande cuisinière si commode avec son petit réservoir dont il suffit d'ouvrir le robinet pour avoir de l'eau chaude ; pour l'été, ce fourneau à carreaux de faïence bleue. Avec une poignée de copeaux et une petite pelletée de braise, le feu s'allume en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ; mais aussi, souvent, par ces soirs lourds, la fumée se répand dans la maison, pique les yeux et la gorge : tout est ouvert sans doute, mais c'est en vain que l'on chercherait le moindre courant d'air.

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