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JULIETTE LA JOLIE 813

de rues où elle doit se courber en deux pour n'être pas remarquée, parce que Thierry lancerait ses deux chiens à ses trousses.

On entendit rouler une voiture que devait traîner un âne, et un âne qui marchait à pas comptés. Le Louis sut ce que cela voulait dire. Il se leva pour être arrivé avant l'âne. Il murmura :

— Au revoir, Juliette.

Cela paraissait tout simple, mais il n'en revenait pas, d'avoir pu prononcer tout haut et devant elle ce nom qui était plus beau que le ciel avec toutes ses étoiles.

Elle resta quelques instants à la même place. Puis comme Cougny entamait une histoire leste, elle se leva, se rapprocha vraiment du groupe, face au mur.

Et la belle étoile disparut.

��III

��Elle se réveilla juste au moment où sonnait TAngelus, à cinq heures, gaie sans trop savoir pourquoi, peut-être parce qu'on approchait du Quatorze Juillet. Il y avait dans l'air comme un avant-goût de fête. On travaillait avec plus de courage, avec un peu de fièvre. Le jour du repos venu, on se réveillait avec de la joie dans le cœur, car c'était le clair matin du second Dimanche de Juillet. Il lui suffisait, pour être plus heureuse, que ce fût Dimanche. Elle s'habillait tout de suite, quoiqu'elle n'allât point à la messe, tant elle avait plaisir à porter toute une journée sa robe gris-perle, à penser qu'elle sortirait l'après-midi coiffée d'un chapeau. Peut-être paraissait-elle

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