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��CHRONIQUE DE CAERDAL III

d'une grande tentation

Parfois, on rencontre dans l'histoire, ou même dans la vie, tels hommes qui butinent l'œuvre de tous les siècles. Ils ne font pas toujours société avec les autres. Ils se prêtent, plus qu'ils ne se donnent. Et leur véritable société est entre eux, à travers les nations et les temps.

Ils accordent volontiers en eux les personnages ennemis et les opinions contraires. Ils mettent leur art à jouir de tous les spectacles, de toutes les idées et de tous les livres. Sans doute, ils sont nés avec des préférences, comme tous les hommes ; mais ils n'en ont pas cultivé les épines ; ils nen font pas des haies, qui les séparent de ce qui leur plaît moins ; et ils ne bornent pas leur vue, même par de hauts buissons de roses. Enfin, pour ainsi dire, ils préfèrent malgré eux.

Leur esprit devient l'organe de leur volupté la plus vive, la seule qui soit d'une occasion toujours présente. L'usage en aiguise les plaisirs et en apointe la prise, au lieu de l'émousser, comme il

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