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��LES ROMANS

��Le Docteur Lerne, sous-dieu (Mercure de France.). Ls Péril Bleu (Louis Michaud), par Maurice Renard.

Le Docteur Lente et Le Péril Bleu appartiennent à cette caté- gorie d'histoires extraordinaires auxquelles J. H. Rosny, chez nous, attacha son nom, et que M. Wells, en Angleterre, illustra sous le vocable à* Anticipations .

Une fable, établie sur des données scientifiques, tend essen- tiellement à relier l'invention à l'expérience, l'impossible au possible. " Quel homme pourrait savoir ce qui est impossible î — et ce qui est naturel ? " prononce un des personnages du Péril Bleu. Le rôle de l'anticipateur, c'est de rendre le fantasti- que vraisemblable, de conditionner le merveilleux, de le dégrader jusqu'à nous par un enchainement ininterrompu de causes et d'effets. Ce " merveilleux scientifique " dont M. Mau- rice Renard, après de grands devanciers, se réclame, enveloppe la série illimitée des phénomènes dans la notion de réalité. Il s'oppose donc au pur concept du merveilleux. Autant dire qu'il le supprime. Car il dépossède de leur prestige les puissances féeriques que les vieux poètes voilaient aux yeux humains ; il prétend transformer en émotions positives d'anciennes angoisses poétiques.

Dans le domaine des faits, l'anticipateur n'invente pas. Il induit et déduit, exagère, grossit, déforme. L'observation scien- tifique lui fournit les germes que son imagination ^rr^ en serre chaude, et porte à leur développement le plus excentrique. Dans Le Docteur Lerne (au Chapitre X en particulier), décrivant les recherches du monstrueux savant sur " l'interversion des per-

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