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NOTES 889

active ; un obscur sentiment de cette inéluctable nécessité qui préside à la germination et à la maturation des semailles, lui enseigne l'obéissance aux dessins mystérieux de la Providence. Si la fortune lui sourit, si la grâce de Dieu ne l'abandonne, c'est un sage.

Voilà ce qu'a senti profondément Pascoli, ce qu'il a exprimé aussi purement qu'Horace. Il sait aussi bien nous dire pourquoi la mésange chante " bau, bau " quand le chasseur est près de la surprendre. Les humbles soins des champs, de la ferme, de la cuisine, rejoignent tout naturellement l'horizon de la plaine, de la montagne et de la mer, touchent le ciel. La poule qui rassemble ses poussins, la marmite qui bout, l'initient à la con- templation de Dieu et des mystères éternels ; par moments, à l'heure où les vains bruits de la terre s'apaisent, il écoute frémir autour de lui le grand secret épars :

Je l^ entends dans les voix errantes.

Invisible autant que la pensée

Qui feuillette d^ avant en arrière et d'arrière en avant.

Sous les étoiles, le livre du mystère.

Mais nul n'a mieux parlé de la poésie de Pascoli que Pascoli lui-même, dans ces vers :

Je suis une lampe, qui se consume

Suave.

La lampe, peut-être qui.

Pendant à la solive enfumée, regarde

Une vieille femme au rouet.

La lampe, peut-être, qui au repas du soir

Invite,

Qui fleurit le banc, et, calme.

Sur r ample nappe s'étale

Comme sur un champ de neige la lune.

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