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DE JEAN-JACQUES 939

broyé de Goddons entre ses bras d'Hercule gau- lois. Le climat de La Fontaine et de Racine, ne vous déplaise ; et l'on disait autrefois que Charle- magne était de Noyon. Enfin, on voit à Noyon la mère cathédrale de toutes les églises, une dame des champs qui a eu Notre-Dame, et trente reines pour filles.

Je dirai donc deux mots de Calvin, en passant. Je n'en fais pas ma petite pâture de volupté, ni mon divertissement, les nuits d'été. Mais d'aven- ture. Descartes ou Malebranche, Pascal et Bossuet, sont-ils reliés en veau pour nous souffler à rire ? ou saint Thomas ^ ou saint Bernard ? ou Aristote ? Sont-ce là des bouffons, et perdus d'honneur, s'ils ne bouffonnent . Deux ou trois siècles plus tôt, Calvin eût fait un Suger, un grand évêque, peut- être un saint. Forte tête de France, logique impla- cable et génie de l'action, c'est l'espèce terrible du théologien qui a l'empire, et qui vit pour le gouvernement. Ceux qui l'attaquent, devraient être à ses genoux : Calvin est la raison d'état incarnée, et il eût fait brûler Jean-Jacques.

Quoi encore . Jean-Jacques ne paie pas toujours son loyer ; il en laisse parfois le soin à ses amis. Il vit un peu d'aumônes, et il a vécu souvent chez les autres. 11 n'a jamais le sou. Il ne sait faire argent de rien. Et M. de Voltaire tire de ses œuvres cent mille livres de rente. Jean-Jacques, mon ami, vous êtes un auteur de raccroc ; vous

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