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75^ LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Doges au Musée des Offices. "Et si peu que je les aie lus, disait-il encore, j'ai trop lu Ruskin et d'Annunzio. Ce "lieu sacré", à travers leurs ouvra- ges, me fait l'effet d'un lieu bien artificiel. " Sur ce sujet, il n'admettait pas la réplique.

J'imagine pourtant que, dans ce mauvais lieu, mon ami D... se fût un peu plus tôt laissé con- duire, s'il eût été tout à fait maître de son temps. Mais, attaché par mille nécessités à sa terre, il prétendait ne la quitter, que pour fouler un sol plus neuf ; moins riche, certes, que le sol d'Italie, mais moins pollué : un sol vierge. Son premier voyage fut pour le désert.

Quel regret, quel désir tardif, dans sa trente sixième année, le menait là où nous pensions bien ne le jamais voir et précisément à Florence ? Le hasard, semble-t-il — et quelque irrésistible appel. Ce n'est pas l'art, c'est le printemps italien qui l'invite. Installé à la porte de l'Italie, c'eût été affecter un parti-pris grotesque que de se refuser à la franchir. Sur les terrasses étagées qui par dessus le vieux Menton, montent à pic vers S*^ Agnès, exposant au midi autant de fleurs de citronnier nouvelles que de citrons vert-jaune à peine mûrs, une langueur mauvaise et qui n'est déjà plus de France l'aura saisi, versé vers un mois de mai de roman. L'église affreusement

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