Page:Neologie.djvu/40

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gage de tous les pays ; fonds que l’appareil immense des accessoires dont il est chargé, laisse à peine apercevoir.

Il m’est donc licite, d’après le système fondamental du langage humain, d’étendre la fabrique des mots, qui se trouve nécessitée par la nature de mon entendement. Je vois des


    -neront autour de moi, et plus je serai fier du nom de Néologue. Ainsi, jusques dans le finissement de mon Vocabulaire, l’on me verra le même ; car je brave l'inintelligibilité de tous mes adversaires, et je crois fermement à mon invulnérabilité. Misce stultitiam consilis brevem. Horat. 4. Beaux esprits ! vous ne lisez pas, le vieux gaulois ; le mot seul….. aussi êtes-vous des ignorans. L’on dirait, en vérité, que l’on n’a commencé à écrire en France que lorsque Boileau et Racine ont pris la plume ; qu’avant eux, il n’y avait ni esprit, ni raisonnement, ni style ; erreur bien singulière, et propagée par des rangeurs de mots. Si vous saviez lire, beaux esprits, ce qui est écrit ; mais vous ne seriez plus alors ce qu’on appelle aujourd’hui gens de lettres ; vous sériez quelque chose de mieux. Allons, restez ignares, et complaisez-vous dans vos dictions élégantées et futiles ; faites des vers français et de la prose lycéenne ; je vous jure que dans deux cent cinquante ans on ne recherchera point vos vieilles productions. Point de contestation alors sur vos mérites.......