Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/123

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au triomphe, et nos ennemis étaient à nos pieds. La huppe messagère nous guidait au plus haut des cieux, et l’arc de lumière éclatait dans les mains divines d’Apollon. Le cor enchanté d’Adonis résonnait à travers les bois.

Ô Mort ! où est ta victoire, puisque le Messie vainqueur chevauchait entre nous deux ? Sa robe était d’hyacinthe soufrée, et ses poignets, ainsi que les chevilles de ses pieds, étincelaient de diamants et de rubis. Quand sa houssine légère toucha la porte de nacre de la Jérusalem nouvelle, nous fûmes tous les trois inondés de lumière. C’est alors que je suis descendu parmi les hommes pour leur annoncer l’heureuse nouvelle.

Je sors d’un rêve bien doux : j’ai revu celle que j’avais aimée transfigurée et radieuse. Le ciel s’est ouvert dans toute sa gloire, et j’y ai lu le mot pardon signé du sang de Jésus-Christ.

Une étoile a brillé tout à coup et m’a révélé le secret du monde des mondes. Hosannah ! paix à la terre et gloire aux cieux !

Du sein des ténèbres muettes, deux notes ont résonné, l’une grave, l’autre aiguë, — et l’orbe éternel s’est mis à tourner aussitôt. Sois bénie, ô première octave qui commença l’hymne divin ! Du dimanche au dimanche, enlace tous les jours dans ton réseau magique. Les monts te chantent aux