Page:Nerval - Choix de poésies, 1907, éd. Séché.djvu/61

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Bien des hommes de tous les pays de la terre
Viendront pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, en relisant le livre de Victor…
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était puissante et magnifique.
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !





DANS LES BOIS


Au printemps, l’oiseau naît et chante :
N’avez-vous jamais ouï sa voix ?…
Elle est pure, simple et touchante
La voix de l’oiseau — dans les bois !
 
L’été, l’oiseau cherche l’oiselle ;
Il aime, et n’aime qu’une fois !
Qu’il est doux, paisible et fidèle
Le nid de l’oiseau — dans les bois !

Puis, quand vient l’automne brumeuse.
Il se tait… avant les temps froids.
Hélas ! qu’elle doit être heureuse
La mort de l’oiseau — dans les bois !





UNE FEMME ET L’AMOUR


Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;
Aux enfants qu’elle guide, à l’homme consolé,
Elle élève le cœur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

Courbé par le travail ou par la destinée,
L’homme à sa voix s’élève et son front s’éclaircit ;
Toujours impatient dans sa course bornée,
Un sourire le dompte et son cœur s’adoucit.