Page:Nichault - Le Faux Frère.pdf/245

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tion ; le général commandant disait hier, qu’une telle fraude pouvait avoir de grandes conséquences, et qu’elle méritait un châtiment sévère. Enfin, on m’a fait comprendre clairement que nous pouvions obtenir les galères.

La pauvre Céline n’en entendit pas davantage. Sa mère la vit pâlir, et elle se précipita vers elle pour soutenir sa tête défaillante. À cet aspect, le baron se leva d’un air furieux, sonna la femme de chambre de sa sœur, et sortit en donnant les signes d’une colère que le danger de Céline l’empêchait seul de faire éclater.

Revenue à elle, madame de Lormoy voulut en vain passer la nuit dans la chambre de sa fille, pour être plus à portée de lui donner ses soins. Céline, dont les lèvres avaient à peine repris leur couleur, affirmait, d’une voix faible, qu’elle ne ressentait plus aucune souffrance ; que cette crise était l’effet d’un simple étourdissement, et que quelques heures de repos suffiraient pour la remettre.

Zamea fut chargée de la conduire dans sa chambre. Comme elle en sortait, M. de Melvas l’arrêta pour lui demander des nouvelles de sa nièce ; puis, s’étant assuré que madame de Lormoy était seule, il se rendit chez elle et ne la quitta qu’au bout de deux heures,