Page:Nichault - Le Faux Frère.pdf/248

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deviens la femme d’un homme estimable, Théobald est absous des charges les plus graves qui pèsent contre lui : on ne peut plus lui reprocher d’avoir compromis pour jamais ton existence, ta réputation ; sa défense est dès-lors facile, et je ne crains plus de la prendre hautement. Crois-moi, ajouta madame de Lormoy, en lisant dans les yeux de Céline le doute qui la tourmentait encore, crois-en ta meilleure amie.

En ce moment Céline ne put retenir ses larmes.

— Ne pleure pas, dit sa mère ; si quelques regrets t’affligent, cache-les à tous les regards, je ne veux pas moi-même les connaître… le temps… nos soins en triompheront… et tu me pardonneras un jour de t’avoir coûté tant de peine.

— Oh ! ma mère, que dites-vous ! s’écria Céline, en tombant à ses pieds.

— Paix, répliqua-t-elle, n’en parlons jamais… ton cœur avait un secret pour moi ; qu’il le garde, c’est la seule punition que j’exige.

En ce moment la voix du baron se fit entendre ; madame de Lormmoy releva Céline, en lui serrant affectueusement la main ; puis elle la fit asseoir à côté d’elle.

— Allons, mon frère, embrassez notre chère Céline, dit-elle en l’apercevant ; je n’ai pas eu besoin de la