Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/160

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C’est ce que la vie un jour m’a enseigné : et c’est par là, vous les plus sages, que je résous l’énigme de votre cœur.

En vérité, je vous le dis : le bien et le mal qui seraient impérissables — n’existent pas ! Il faut qu’ils se surmontent toujours de nouveau en eux-mêmes.

Avec vos valeurs et vos paroles du bien et du mal, vous usez de force, vous, les appréciateurs de valeur : ceci est votre amour caché, l’éclat, le tremblement et le débordement de votre âme.

Mais une puissance plus forte grandit de vos valeurs et une nouvelle victoire sur soi-même qui brise les œufs et les coquilles d’œufs.

Et celui qui doit être créateur dans le bien et dans le mal : en vérité, celui-ci doit être d’abord destructeur et briser les valeurs.

Ainsi la plus grande malignité fait partie de la plus grande bénignité : mais cette bénignité est la bénignité du créateur. —

Parlons-en, vous les plus sages, quoi qu’il nous en coûte ; se taire est plus dur encore ; toutes les vérités que l’on a tues deviennent venimeuses.

Et que tout se brise, qui peut être brisé par nos vérités ! Il y a encore bien des maisons à bâtir ! —

Ainsi parlait Zarathoustra.

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