Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/358

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Toutes mes larmes prennent
vers toi leur cours !
Et la dernière flamme de mon cœur —
s’éveille pour toi !
Ô, reviens,
Mon dieu inconnu ! ma douleur !
          mon dernier bonheur !

*
*           *


2.

— Mais en cet endroit Zarathoustra ne put se contenir plus longtemps, il prit sa canne et frappa de toutes ses forces sur celui qui se lamentait. « Arrête-toi ! lui cria-t-il, avec un rire courroucé, arrête-toi, histrion ! Faux monnayeur ! Menteur incarné ! Je te reconnais bien !

Je veux te mettre le feu aux jambes, sinistre enchanteur, je sais trop bien en faire cuire à ceux de ton espèce ! »

— « Cesse, dit le vieillard en se levant d’un bond, ne me frappe plus, ô Zarathoustra ! Tout cela n’a été qu’un jeu !

Ces choses-là font partie de mon art ; j’ai voulu te mettre à l’épreuve, lorsque je t’ai donné cette preuve ! Et, en vérité, tu as bien pénétré mes pensées !

Mais toi aussi — ce n’est pas une petite preuve que tu m’as donnée de toi-même. Tu es dur, sage Zarathoustra ! Tu frappes durement avec tes « vérités », ton bâton noueux me force à confesser — cette vérité ! »

— « Ne me flatte point, répondit Zarathoustra, toujours irrité et le visage sombre, histrion dans l’âme ! Tu es faux : pourquoi parles-tu — de vérité ?