Page:Nietzsche - Considérations Inactuelles, II.djvu/112

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vice En le rétribuant ? » Sans répondre des à pré- sent à cette dernière question, j’ajoute seulement que ,ces concessions de la philosophie à l’Etat vont actuelle-' ' ment déjà très loin. Premièrement, l’Etat choisit‘des serviteurs philosophiques selon le nombre qu‘i lui est: nécessaire pour ses établissements; il'se donne donc l’apparence d’être capable de distinguer entre les bons V et les mauvais philosophes {mieux encore, il admet que . les élans sont en nombre suffisant pour occuper lesl A v “chaires dont il dispose. Il devient dès lors l’autorité compétente pour juger-non Seulement la qualité, mais encore pour fixer le chifi're nécessaire de ceux qui sont bons philosophes. Deuxièmementfil oblige ceux qu’il a choisis au séjour dans un lieu déterminé, parmi des hommes. déterminés ,; il les force à une activité déter— - minée ;il' leur/faut instruire tout jeune étudiant qui en manifeste le goût, et cela quotidiennement, à une heure fixée d’avance.

Me voilà amené à poser les questions suivantes : Un philosophe peut-il donc s’engager, en bonne conscience, .à 3V0ll‘.‘li0|18 les jours quelque chose/à enseigner? A l’enseigner devant tous ceux qui veulent l’écouter? Ne doit-il pas faire semblant d’en savoir plus qu’il n'en sait? N 'estoil pas forcé de parler devant un public Id’in-. connus 'de choses dont il ne devrait s’entretenir sans danger qu’avec ses amis les plus proches '17 Et, d’une ' façon générale, ne se prive-t-il pas de la' magnifique [liberté qui lui permet de suivre son génie quand son géniel’appelle et ou il l’appelle, quand il se voit as- - treint à penser publiquement,àune heure déterminée, en- choisiàsant des sujetsdéterminés d’avance ? Et, cela,