Page:Nietzsche - Considérations Inactuelles, II.djvu/141

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musique la plus morale que je connaisse, par exemple" à la scène où Brunhilde est réveillée par Siegfried. Là, Wagner s”élèveà une hauteur età une sainteté d’.aspiration telles qu’il nous faut penser au reflet ardent du selcîî couchant sur la neige immaculée des cimes alpes—· tres, tant la nature qui s’y révèle est pure, solitaire, inaccessible, exempte de passion, inondée d’amour ; les, nuées et les orages, le sublime même sont au-dessous * d’elle. Si de cette hauteur nous regardons en arrière, vers le point de départ, Tannhœuser et le Hollandais I fg, nous comprenons comment, dans Wagner, se dévelop- € pa l’homme ; comment ses commencements furent obs ? curs et inquiets, avec quelle impétuosité il recherche la satisfaction de ses goûts, la puissance, l’ivresse du plaisir et comment il les fuyait souvent avec dégoût, comment A, il aspirait à jeter loin de lui son fardeau, voulant oublier, nier, renoncer-le fleuve de son activité se préci— ·· · pitait tantôt dans une vallée, tantôt dans une autre, et s’enfonçait dans les plus sombres ravins. Dans la nuit de cette agitation souterraine apparut alors, bienau, I dessus de lui, une étoile à l’éclat mélancolique ; dès qu’il · la reconnut il la nomma ; Fidélité, oubli de soi par · ·, É fz’défilé. ’ · o’i

Pourquoi sa lumière lui parut-elle plus claire et plus pure que tout au monde ? Quel sens mystérieux unifor} ;, fjà me pour son être tout entier renferme le mot fidélité ? ’jif Car, sur tout ce qu’il a imaginé et composé, il a gravé le * symbole et Ieproblème de la fidélité ; il y a dans son. j œuvre une série presque complète de ses manifestations les plus belles et les plus rares 2 la üdélité du frère pour la sœur, de· l’ami pour Yanii, du serviteur pour son