Page:Nietzsche - Considérations Inactuelles, II.djvu/144

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’qu’il exerça à différents théâtres de ville et de cour. Qii’on essaie de comprendre ce qu’éprouve l’a1·tiste le plus} convaincu, qui s’efforce d’introduire la conviction, r où les institutions modernes s’élèvent sur des prin’, cipes de légèreté et exigent de la légèreté. Qu’on essaie Ade comprendre ce qu’il éprouve lorsqu’il réussit en pars ’ Qtie, tout en échouant toujours dans l’ensemble, lorsque le dégoût s’em-pare de lui et qu’il cherche à fuir, lorsf qu’il ne trouve point de refuge et se voit toujours con=i— traint à retourner, comme s’il était l’un des leurs, vers les bohèmes et les bannis de votre société civilisée. ’’i’ à Lorsqu’il brise les liens qui le retenaient à une condition sociale, il en trouve rarement une meilleure ; quelquefois ~< 1 I même il tombe dans la plus profonde détresse. C’est« I ainsi que Wagner changea de villes, de compagnons

  • ’l de pays, et l’on peut à peine imaginer quels furent les

sollicitations et les milieux qu’il eut à supporter temporairementÃLa plus longue moitié de sa vie fut oppressée sous le poids d’une atmosphère pesante ; il sembleg 1 l qu’il dût renoncer à toute espérance pour ne plus vivre et espérer qu’au jour le jour, de telle sorte que, s’il ne désespère point, il n’eut cependant plus la foi. Wagner dut souvent d’apparaître à lui-même tel un voyageur qui marche à travers la nuit, chargé d’un lourd far-’VÈ deau, brisé de fatigue et qui néanmoins se soutient l· la fièvre ; l’idée d’u-ne mort subite n’était plus alorsà É ses yeux quelque chose d’épouvantable, mais miroitait É ; — devant lui comme un fantôme séduisant, désirable. Voir Il I disparaître à la fois le fardeau, ’le chemin et la nuit ! U Quelle puissante séduction lMaintes fois il se jeta dans la vie avec cette espérance brève et trompeuse, la lissant,