Page:Noël - Fin de vie (notes et souvenirs).djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


mêlant son catholicisme traditionnel et de famille à toutes les aspirations républicaines, socialistes et même anarchistes. Enthousiaste de Delécluze, parlant avec éloge d’Élisée Reclus et le louant à propos du mariage libre, il sut mériter pourtant que l’ancien premier président de la Cour de Bourges, L. Boivin-Champeaux, notre camarade du Lycée de Rouen, écrivit, un peu après sa mort, dans une lettre à Dumesnil :

« C’est par les journaux que j’ai appris la mort de mon vieil ami de la Feuillie, Eugène Manchon. Le discours prononcé sur sa tombe, par le bâtonnier de l’Ordre, n’a fait que lui rendre justice. Son souvenir est celui d’une des figures les plus personnelles, les plus originales, les moins coulées dans le moule commun, que j’aie jamais connues. Une conviction était chez lui une forteresse ; rien ne pouvait l’en faire sortir, ni respect humain, ni discipline de parti, ni appréhension de conséquences. »


XXX


Le meilleur des révolutions se fait sans la participation des révolutionnaires, souvent à leur insu.

Kropotkine en donne un exemple parfait dans l’histoire de ces intelligents et laborieux jardiniers qui, depuis trente ans, ont absolument révolutionné