Page:Olympe de Gouges - Le Cri du sage.pdf/5

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Mais ſi l’eſprit de parti vient à l’emporter dans cette Aſſemblée ſur la bienſéance, la raiſon & la juſtice, ces États-Généraux qu’on a déſiré depuis ſi long-temps, ne ſeront donc réunis que pour ſemer la diſcorde.

Je l’ai prédit ; puiſſe cette prédiction ſe détourner & me faire voir que je fus mauvais prophéte ; mais en même-temps, j’obtiendrai le titre de bonne citoyenne.

Vous devez, Meſſieurs, raſſurer ce public impatient.

Qui peut ramener le calme ſi ce n’eſt votre union ? qui peut enfin établir la confiance, faire refleurir le commerce, ſi ce n’eſt l’harmonie dans vos Aſſemblées ; pour vous accorder, il faut fronder vos prétentions particulieres, convaincre le Tiers-État qu’il n’a pas le droit lui ſeul de créer de nouvelles loix, & repréſenter au Clergé qu’il doit ſe dépouiller dans ce moment du faſte de ſes dignités & de la majeure partie de ſes prérogatives.

Perſuadez à la Nobleſſe, que c’eſt une injuſtice, une vexation criante, de refuſer de ſiéger avec le Tiers-État, comme