Page:Olympe de Gouges - Le Cri du sage.pdf/6

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s’il y avoit entre ces deux Ordres des barrieres invincibles.

Il n’y a pas de jour qu’un Noble ſans fortune ne ſollicite la main d’une demoiſelle du Tiers-État. Il n’y a pas de demoiſelle d’un ſang illuſtre qui n’ait mêlé ce ſang avec celui du Tiers-État ; & dans ce moment de détreſſe, dans un tems de calamité, vous craignez, Meſſieurs, de mêler vos idées avec celles des hommes qui vous valent peut-être.

Que l’honneur vous parle, que le bien de la patrie vous guide ; & ſans perdre vos titres & vos dignités, vous n’en ſerez pas moins l’ami de vos freres, leurs ſupérieurs en modeſtie puiſque vous renoncerez dans un moment d’union à votre rang, à ces droits que le rang vous donne & qui doivent être ſacrés dans toute autre circonſtance, mais qui ſont injuſtes & déplacés dans cette révolution.

Voila, Meſſieurs, ce qu’il étoit important d’obſerver aux trois Ordres.

J’oſe me flatter que ces obſervations ne ſauroient vous déplaire en faveur du motif qui me les a inſpirées.