Page:Opuscules philosophiques et littéraires. La plupart posthumes ou inédites.djvu/22

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

aux humains : Réprimez vos passions et maîtrisez vos desirs, si vous voulez être heureux, ne connoissent pas le chemin du bonheur. On n’est heureux que par des goûts ou des passions satisfaites, parce qu’on n’est pas toujours assez heureux pour avoir des passions, et qu’au défaut des passions, il faut bien se contenter des goûts. Ce seroit donc des passions qu’il faudroit demander à Dieu, si on osoit lui demander quelque chose ; et Le Nôtre avoit grande raison de demander au pape des tentations au lieu d’indulgences.

Mais, me dira-t-on, les passions ne font-elles pas plus de malheureux que d’heureux ? Je n’ai pas la balance nécessaire pour peser en général le bien et le mal qu’elles ont fait aux hommes ; mais il faut remarquer que les malheureux sont connus, parce qu’ils ont besoin des autres, qu’ils aiment à raconter leurs malheurs, qu’ils y cherchent des remèdes et du soulagement : les gens heureux, au contraire, ne cherchent rien et ne vont point avertir les autres de