Page:Ovide - Œuvres complètes, Nisard, 1850.djvu/17

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AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS.


La publication ce volume peut être aussi justement qualifiée de nouveauté typographique que notre Sénèque en un volume. Les Œuvres complètes d’Ovide, dont le texte seul remplit quatre volumes au moins dans les éditions ordinaires, et qui, accompagnées d’une traduction, dépassent neuf volumes, sont contenues tout entières, texte, traduction, notice très-développée, notes à tous les endroits qui en exigent, dans un volume de cinquante-cinq feuilles.

Venus les derniers, nous avons, entre autres avantages attachés à cette position, celui d’avoir pu profiter d’un excellent travail philologique récemment publié en Allemagne sur une partie des ouvrages d’Ovide. Il s’agit du texte des Héroïdes, des Amours, de l’Art d’aimer et du Remède d’amour, que les lettres latines doivent à la sagacité de M. Iahn, l’un des plus habiles philologues de l’Allemagne. Les différences assez nombreuses que présente ce texte, comparé avec celui des éditions ordinaires, sont toutes autorisées par les manuscrits, et, ce qui ne vaut pas moins, profondément marquées du génie particulier d’Ovide.

Un de nos autres avantages de derniers venus est d’avoir pu donner une traduction non-seulement plus exacte, perfectionnement où nos devanciers nous ont été d’un secours que nous aimons à reconnaître, mais plus strictement fidèle au tour d’esprit du poëte. Ce tour d’esprit, qu’on n’a peut-être pas assez remarqué, est un mélange de familiarité presque vulgaire et d’élégance presque précieuse, qui distingue Ovide, non-seulement d’Horace et de Virgile, ce qui est dire une chose banale, mais des poëtes érotiques ses contemporains, de Tibulle son ami, de Properce, de Gallus, si ce qui nous est donné comme œuvre de ce dernier poëte est bien réellement de lui. Rien n’a été négligé pour que la traduction que nous publions reproduisît ce mélange caractéristique, en demeurant toutefois dans les conditions de toute traduction française, c’est-à-dire en ne poussant pas la familiarité jusqu’à la bassesse ni le précieux jusqu’à la pointe. L’identité de l’original et de la traduction est une chimère ; sacrifier le génie de la langue qui traduit à celui de la langue traduite, c’est prouver qu’on ne sait ni l’une ni l’autre.

Enfin, il est encore un dernier point de détail où nous croyons avoir perfectionné cette édition. Il s’agit de la suppression des notes qui font double emploi : l’inconvénient en est sensible, surtout dans les Œuvres d’Ovide, où reviennent souvent les mêmes noms et les mêmes allusions. Avoir évité cet inconvénient n’est, nous le sentons bien, qu’un mérite négatif ; mais ce sont le plus souvent des mérites de ce genre qui font la perfection relative des travaux où les qualités éclatantes ne sont pas nécessaires ni peut-être possibles.