Page:Ovide - Œuvres complètes, Nisard, 1850.djvu/552

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Dieux, compagnons d’Énée, à qui le fer et la flamme ont ouvert le passage, dieux Indigètes, Quirinus, père de Rome ; Mars, père de Quirinus ; Apollon et Vesta, que César a placés parmi les dieux domestiques ; et toi, grand Jupiter, adoré sur la roche Tarpéienne ; et vous tous, dieux, que le poète peut et doit invoquer ; écoutez ma prière ! Reculez bien loin au-delà de notre siècle le jour où ce front auguste disparaîtra du monde qu’il gouverne, pour aller briller dans le ciel ; le jour où, loin de cette terre, le fils de César écoutera parmi vous les vœux des mortels.

Enfin, j’ai terminé un ouvrage que ni le courroux de Jupiter, ni le fer, ni la flamme, ni la dent des années ne pourront détruire ! Il peut venir, le jour fatal qui doit arrêter le cours incertain de ma vie : il n’a d’empire que sur mon corps. La plus noble partie de moi-même, immortelle, sera ravie dans la région des astres, et mon nom ne périra jamais. Dans tous les lieux ouverts par la victoire à la puissance romaine, mes vers seront lus ; et, si les pressentiments du poète ne sont pas trompeurs, je vivrai par la gloire dans toute la durée des siècles.