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XXXV
À M. DE LA NOUE
Lyon, 24 novembre 1835

Mon cher ami,

Votre petite visite épistolaire m’a été bien douce. Votre souvenir est un des plus chers souvenirs qui m’accompagnent chaque année au départ et qui ne me quittent point pendant mes longues vacances. C’est bien aimable de votre part, élégant Parisien, gracieux poëte, de venir frapper ainsi à la porte d’un lourd provincial, de vous risquer à travers la brumeuse atmosphère et les rues boueuses de notre cité commerçante. Il faut, pour une si généreuse démarche, qu’il y ait en vous autre chose que la politesse du monde, autre chose que la poésie, il faut qu’il y ait de la charité. Je vous en garde une sincère reconnaissance. Après les remerciments les excuses. Vous avez dû vous plaindre de ma lenteur a vous répondre. Si vous voyez du Lac ou Lallier, ils vous en auront dit la cause. Au moment où je reçus votre charmante épître, j’étais enfoncé dans les profondeurs du