Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/207

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âmes qui se présentent jeunes et bonnes dans la carrière et d’attirer ainsi sous l’étendard catholique l’élite intellectuelle ; 6° enfin, quand une législation plus large le permettra, établir des collèges, des académies, des universités catholiques.– Mais, quelque beaux que ces rêves aient été, je n’ai jamais eu la prétention de les réaliser moi-même et j’ai toujours espéré que Dieu se chargerait de faire l’œuvre, pourvu qu’on y aidât. Je crois fermement que les institutions solides ne sont point celles que l’homme fait à sa guise, de propos délibéré, avec les éléments de sa création, mais celles qui se font toutes seules avec des éléments qui existent déjà. Ainsi , quand j’ai vu se former nos petites sociétés d’histoire, de droit, et notre petite société de charité, je me suis réjoui, espérant que de cet humble noyau sortirait peut-être un jour un grand arbre. Je me réjouis également de la nouvelle que vous. m’annoncez, et la formation d’une association religieuse pour les arts m’est le garant d’une association semblable pour les lettres et pour les sciences.

Je concevrais des espérances encore plus grandes si je voyais à la tête de cette institution un homme très-capable. Mais qu’importe ? Dieu se sert souvent d’instruments faibles et fragiles pour exécuter de grandes choses. Il faut être appelé à une mission providentielle, et alors les talents et les défauts disparaissent pour faire place à l’inspiration qui guide.