Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/252

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ponsabilité inaccoutumée au milieu de ce monde mauvais, on éprouve un des plus douloureux sentiments qui aient été préparés depuis le commencement du monde pour châtier l’homme déchu. Il est vrai que ma mère est encore là pour m’encourager de sa présence et me bénir de ses mains ; mais abattue, souffrante, me désolant par les inquiétudes que sa santé me donne. Il est vrai que j’ai d’excellents frères; mais, quelque bons que soient ceux dont on est entouré, ils ne peuvent suppléer l’absence de ceux dont on était protégé; moi surtout, d’un caractère irrésolu et craintif, j’ai besoin non-seulement d’avoir beaucoup d’hommes meilleurs que moi autour de moi, mais d’en avoir au-dessus de ;j’ai besoin d’intermédiaires entre ma petitesse et l’immensité de Dieu et maintenant je suis pareil à celui qui, demeurant dans une région orageuse sous l’abri d’un large toit, en lequel il aurait mis sa confiance, le verrait brusquement s’écrouler et resterait perdu sous la voûte infinie des cieux.

Je ne sais si je vous fais comprendre mon genre principal d’affliction joignez-y le spectacle de l’affliction de ma famille, la rapidité du coup qui nous a frappés, les affaires d’une succession importunément mêlées aux tristesses d’un deuil, et tant de choses trop longues à dire.

Du reste, nous éprouvons un grand soulagement à penser que la piété de mon père, retrempée de-