Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/268

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affliction. J’ai eu d’autres tribulations de famille, qu’il sortit trop long de vous énumérer. Toute l’administration de notre petite fortune pèse désormais sur moi, et mon inexpérience m’appesantit encore le fardeau. Excepté des querelles entre frères, nous avons eu tous les ennuis d’une succession où il y a un mineur. Indépendamment de ces soucis communs à toute la famille, j’ai ceux de ma profession. J’ai plaidé cette année environ douze fois ; trois fois seulement au civil où j’ai gagné toujours, et notamment dans une question d’opposition à mariage et d’interdiction qui avait été agitée avec beaucoup d’opiniâtreté de part et d’autre. Les émotions de la plaidoirie ne sont point pour moi sans charme, mais les émoluments ne rentrent qu’avec difficulté, et les rapports avec les gens d’affaires sont si pénibles, si humiliants, si injustes, que je ne puis m’y plier. La justice est le dernier asile moral, le dernier sanctuaire de la société présente la voir entourée d’immondices, c’est pour moi une cause d’indignation à chaque instant renouvelée. Ce genre de vie m’irrite trop, je reviens presque toujours du tribunal profondément ulcéré ; je ne puis pas plus me résigner à voir le mal qu’à le souffrir.

Cependant je suis loin de vouloir abandonner une profession dont les circonstances actuelles me font plus que jamais une nécessité; après les vacances, je ferai une leçon de droit à trois jeune