Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/322

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


bris des aqueducs et des temples dont l’antiquité a semé notre sol ?

Mais à quoi bon répandre sur le papier, en phrases où l’élaboration se trahit toujours, les idées qui s’échapperontbien plus vives et plus spontanées dans nos conversations prochaines ? A quoi bon prolonger ma veillée solitaire quand bientôt peut-être nous pourrons en passer tête-à-tête de bien plus douces et mieux remplies ? Le flambeau qui m’éclaire m’avertit en baissant d’aller prendre un repos dont mes malaises me font sentir plus fortement le besoin. Adieu, mon cher ami ; reçois de moi la promesse si souvent renouvelée d’être toute ma vie

Ton fidèle ami et cousin.

Henri Pessonncaux et Ozanam étaient cousins et de plus unis par une vive amitié qui avait commencé au berceau et dura sans altération jusqu’à la fin. Cette amitié prit bientôt, pour l’un, le caractère d’une sollicitude et d’une protection constantes ; pour l’autre, ce fut un culte passionné. Jamais, quand ils étaient dans la même ville, les deux cousins ne passèrent un seul jour sans se voir. Cependant ’l’un demeura longtemps près de l’Arc de l’Étoile et l’autre près du Panthéon.

Doué d’un caractère chevaleresque, d’une nature essentiellement vertueuse, Henri ne vit et ne comprit jamais le mal. Il était instruit, faisant des vers avec facilité, souvent avec bonheur ; son imagination poétique le laissait vivre dans