Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/125

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la foi ne permet pas que ses dogmes soient révoqués en doute, elle empêche que, la trame étant brisée, le tissu ne soit détruit. L’antiquité grecque et romaine ne connut point cette association de la foi et de l’intelligence, et c’est pourquoi elle vit si peu grandir les sciences physiques, et ne posséda jamais ni une histoire universelle, ni une philosophie complète. En l’absence de l’autorité du dogme, les siècles se consumaient à discuter les questions générales ; chaque école ne s’abaissait à l’étude des phénomènes qu’après avoir posé une série d’hypothèses qu’une autre école venait de réduire en poussière, et leur labeur était pareil à cette toile de Pénélope où chaque nuit anéantissait l’ouvrage de chaque jour.

L’intelligence rencontre donc dans les enseignements de la foi, et les instruments et les matériaux de son œuvre, et la garantie de son succès. Et réciproquement la science, quand elle sera parvenue au plus haut degré qu’il lui soit permis d’atteindre, lorsqu’elle embrassera dans ses spéculations toutes les lois de l’humanité et toutes celles de la nature, n’aura fait qu’écrire en lettres immortelles la justification de la Providence créatrice et le commentaire du dogme révélé.

Si les hommes ont besoin de connaître, ils ont encore plus besoin d’aimer : l’amour les rapproche, et ce rapprochement, en devenant durable, constitue la vie sociale. Dans la vie sociale, il faut que