Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/151

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Quant, à nous, gens de lettres, la forme dont nous disposons, c’est la langue française, langue souverainement chrétienne, et qui tient de la religion par ces trois grands caractères de majesté, de précision, de clarté. C’est par là qu’elle est devenue la langue de la civilisation. Elle tient sa force du principe organisateur des temps modernes. La langue fut faite par le Christianisme, comme fut fait l’État… Pascal vint la fixer ; Bourdaloue la marqua au sceau de sa logique sévère ; Bossuet la rendit tout à fait maîtresse. La poésie même reçut le souffle chrétien, et la tragédie parut dans sa gloire quand.elle finit par des mystères, Polyeucte, Esther, Athalie… Cette langue est un dépôt qu’il ne faut pas laisser altérer ; nous en répondrons… Elle nous suffit d’ailleurs, et, quoi qu’on en ait dit, les chrétiens n’ont pas besoin de la langue de Rousseau ; la leur était faite cent ans avant lui.

De là l’obligation du travail ; le travail est la loi commune des hommes : c’est aussi celle des intelligences, car c’est aussi pour les labeurs de l’esprit qu’au jour de la chute fut prononcée cette parole : Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front. Voyez dans l’Église cette longue tradition du travail, depuis Origène, l’homme aux entrailles d’airain, depuis saint Augustin, qui commença si tard et qui pourtant a vu toutes choses, jusqu’à saint Thomas, qui mourut à quarante-neuf ans, laissant à la science dix-sept volumes in-folio. Dans