Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/186

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marché à terme que l’intérêt ou la passion pourrait résilier, quel père, quelle mère, jaloux de l’honneur de leur fille, voudraient la donner à tout autre qu’à un homme que sa foi enchaînerait au serment prêté devant l’autel ? Alors se feraient peu à peu deux peuples l’un, de ces familles mobiles, dont la loi lierait et délierait les engagements, où il n’y aurait ni dignité pour les époux, ni éducation pour les enfants, ni discipline pour la société ; l’autre, des familles chrétiennes, qui garderaient toutes les traditions du mariage et de la paternité antiques, l’indissolubilité, la stabilité, tout ce qui fait la pureté des races, et à la longue leur puissance ! Mais nous repoussons cette consolation impie, et, quand nous demandons l’indissolubilité de la famille, à Dieu ne plaise que nous voulions le divorce dans la nation !

III

La proposition du divorce, écartée par la résistance de la Chambre des pairs, de 1831 à 1835, devait se reproduire en 1848, avec les motifs nouveaux que demandait la nouveauté des temps. Elle s’est annoncée comme le couronnement nécessaire des institutions démocratiques. Ses défenseurs ont pour eux les souvenirs de 1792, ils ont contre nous l’autorité d’un nom honoré des catholiques, M. de