Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/365

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Allons plus loin. À l’instant où l’on renverse la propriété, l’hérédité tombe avec elle on ravit aux enfants les biens, la gloire, l’amour de leurs pères, comme si la nature n’avait pas fait la tendresse paternelle prévoyante au delà même de la mort ; comme si celui qui baigna la terre de ses sueurs, et arrosa de son sang le sol de la patrie, pouvait mourir consolé en pensant que ses fils n’auraient à recueillir ni le fruit de ses travaux, ni la reconnaissance de ses concitoyens ; comme si une vénération universelle, invincible, n’environnait pas les rejetons des grands hommes comme s’il ne fallait pas qu’une main filiale soutînt au temps de sa vieillesse la mère qui a usé ses jours pour donner et conserver l’existence à ses enfants ; comme si enfin ces enfants mêmes, arrachés au foyer paternel, ne devaient jamais redemander ceux dont ils tiennent la vie, et qu’on pût changer les affections de leur cœur comme le lieu de leur domicile. Que dis-je ? Non content de détruire les vertus, on prétend encore créer des crimes. En effaçant les distinctions de naissance, on ordonne l’ingratitude, on provoque l’inceste. Le mariage cesse d’être un lien sacré ; des unions fortuites comme celles des animaux, dissolubles comme elles, formées par la volupté, rompues par le dégoût, donnent le jour à une race faible, dégénérée, entachée, quoi qu’on en dise, des crimes de ses pères tant il est vrai qu’en pulvérisant les liens de la famille, on brise