Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/454

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

un poste, à une espérance, quelque solidité que nous pensions y voir. Mais ayons toujours une fenêtre ouverte pour fuir au moment de l’orage, une porte dérobée pour rentrer après. 7° Il est bien de se rappeler ce mot de Bias, pourvu qu’on n’en fasse point un usage perfide : « Aimez vos amis, sans vous ôter le droit de les haïr un jour ; haïssez vos ennemis en vous réservant la possibilité de les aimer. »

On doit se tenir averti que l’auteur n’a prétendu choisir et proposer ici que des règles que la morale avoue et des moyens honnêtes ; pour ceux qui chercheraient la fortune par des voies plus courtes, mais fangeuses, il les renvoie à l’école de Machiavel[1] . Néanmoins nous trouvons dans les récits de Bacon d’autres maximes que nous ne saurions passer sous silence et qui font corps de doctrines avec celles-ci « Quand le vice est utile, dit-il quelque part, le fuir, c’est pécher.[2]  » Ailleurs, à celui qui craint d’avoir offensé le prince, il conseille de rejeter la faute sur les autres.[3] Enfin, dans un autre passage, il se propose pour modèle le philosophe Aristippe, qui, s’étant jeté aux pieds de Denys le tyran, répondit aux reproches d’un spectateur in-

  1. Voyez Faber fortunae suae, chapitre de neuf pages in-folio inséré dans le livre de Dignitate et augmentis .
  2. Ornamenta rationalia.
  3. De dignitate et augmentis, lib. VIII, c. II.