Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/536

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leurs hommes d’armes qui voulaient forcer l’entrée du monastère. Le déclin du jour permettait à l’archevêque une fuite facile : ses clercs effrayés l’y exhortaient avec des pleurs. Il resta impassible et ne sortit de sa chambre que lorsqu’on lui eut annoncé l’heure des vêpres. Alors on voulut l’entraîner vers l’église; mais lui s’avançait lentement à travers les cloîtres et les couloirs, marchant le dernier de tous, comme le berger qui pousse ses brebis devant soi. Ni son geste ni sa démarche ne trahissait un sentiment de crainte. Enfin il entra dans l’église, où déjà quelques moines assemblés chantaient l’office. On voulut fermer les portes derrière lui ; mais, les rouvrant de ses mains, il fit entrer quelques-uns de ses serviteurs qui étaient restés dehors, et il ajouta «  Nous vous ordonnons au nom de la sainte obéissance de laisser les portes ouvertes car il ne convient pas de faire de la maison de Dieu un château fort. » Tout à. coup les quatre meurtriers s’élancèrent dans l’église, le glaive et la hache à la main. « Où est le traître ? » criaient les uns. « Où est l’archevêque ? » criaient les autres. Thomas descendit les degrés de l’autel qu’il avait déjà montés, et se présenta en disant : « Me voici je suis l’archevêque, et non le traître. » A ce moment ses clercs l’abandonnèrent et se réfugièrent au pied des autels : il n’en resta que trois auprès de lui, entre lesquels Edouard Grim, le porte-croix, le même qui lui avait