Page:Pétrarque - Lettres de Vaucluse, trad. Develay, 1899.pdf/29

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couronne, le seul monarque ami de la science et de la vertu qu’ait possédé notre siècle, afin qu’il prononçât son jugement sur moi. La haute opinion qu’il conçut du moi et le cordial accueil qu’il me fit m’étonnent maintenant, et, si vous en aviez été témoin, lecteur, vous en seriez étonné vous-même. En apprenant la cause de mon arrivée, il fut transporté de joie : il était flatté de cette marque de confiance d’un jeune homme, et peut-être songeait-il que l’honneur que j’allais recevoir rejaillirait sur lui, puisque de tous les humains je l’avais choisi comme le seul juge compétent. Bref, après de nombreux entretiens sur différentes choses, et lorsque je lui eus montré mon Afrique, dont il fut si enchanté qu’il me demanda comme une grande faveur de la lui dédier, ce que je ne pouvais ni ne voulais certainement pas lui refuser, il me fixa enfin un jour pour le sujet qui m’avait amené et il me tint depuis midi jusqu’au soir. Et, comme, en raison de l’étendue de la matière, ce temps parut court, il en fit autant les deux jours suivants. Après avoir ainsi pendant trois jours scruté mon ignorance, le troisième jour il me jugea digne de la couronne de laurier. Il me l’offrait à Naples, et il insistait à force de prières pour obtenir mon consentement. L’amour