Page:Pêcheurs de Terre-Neuve, récit d'un ancien pêcheur, 1896.djvu/41

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 37 —

lendemain, prendre l’extrémité des lignes, et d’autre part le commencement de ces mêmes lignes qui doivent reposer sur le fond pour pêcher. Les lignes de tous les paniers s’attachent bout à bout ; à mesure que chaque panier se vide, on relie la fin du contenu de l’un au commencement du contenu de l’autre. — Chacun des ensembles ainsi obtenus prend le nom de « tentis », tentis de tribord ou tentis de bâbord, selon le côté du navire d’où l’on est parti. Un tentis, au temps où j’étais pêcheur, atteignait de quatre mille à quatre mille cinq cents brasses (environ 7 kilomètres). Cinq bouées étaient distribuées sur sa longueur. La première prenait le nom de bouée du bord ; les intermédiaires, des noms tirés de la forme du morceau de toile goudronnée qu’on attachait à l’extrémité supérieure du manche de la bouée : bouées de pavillon, de cornette, de gendarme, etc. Ainsi il peut arriver qu’une bouée se perde ou que le tentis se casse, pendant le tirage : on est quitte pour aller saisir une autre bouée. — Une brise maniable : voilà ce qu’on demande pour cette expédition. Trop de vent vous oblige à prendre des ris et rend le travail dangereux ; par un calme plat, vous êtes tenus de remorquer la chaloupe à grands coups de rames, ce qui est long et pénible, surtout lorsque les courants, qui sont à peu près continuels et souvent très forts sur le Grand Banc, vous entraînent sous le vent du navire.

Par un temps calme, relever les lignes est une opération qui ne demande pas d’efforts excessifs. Mais