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INTRODUCTION

vraies ou fabuleuses de l’arrivée en Espagne et en France de saint Jacques le Mineur, de Lazare, Marthe et Madeleine, pouvaient bien se concilier avec la tradition romaine, mais qu’il en avait été tout autrement de la légende de Joseph, qui, le faisant dépositaire du vrai sang de Jésus-Christ, le présentait comme le premier évêque investi par le Christ du droit de transmettre le sacrement de l’Ordre aux premiers clercs bretons, desquels seuls aurait procédé toute la hiérarchie sacerdotale, dans cette ancienne Église.

Bien que le Vénérable Bede n’ait pas déterminé quels étaient ces sentiments « contraires à l’église universelle, — ces traditions que les Bretons et les Scots mettaient au-dessus de celles qui sont admises par toutes les Églises du monde, » peut-être dans la crainte de jeter un nouveau brandon dans le feu des résistances, il n’est pas malaisé de voir, dans son livre même, une sorte d’indication des points sur lesquels portait le désaccord. Au livre V, dans le chapitre xxi consacré à rappeler la vie de saint Wilfride, originaire d’Écosse et réformateur de plusieurs monastères, nous voyons le saint, avant même d’être tonsuré, apprendre les Psaumes et quelques autres livres[1]. Puis, entré

  1. Quia acri erat ingenii, didicit citissimè Psalmos et aliquos codices, necdum quidem attonsus.