Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/102

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Avant le déjeuner, nous passâmes la rivière vingt-cinq fois, et douze fois encore avant de camper, soit trente-sept fois pendant la journée.

La Columbia fait ici de nombreux détours à travers une vallée, dans de certains endroits larges de trois milles ; derrière, s’élèvent d’immenses montagnes, dont les sommets neigeux dominent les nuages, et forment çà et là des glaciers énormes qui réfléchissent les rayons du soleil avec un vif éclat. La dernière partie de la route coupe un lac de boue gelée. La glace n’était pas assez forte pour nous supporter, de sorte que nous eûmes à patauger jusqu’aux genoux dans une masse de neige, de glace et de boue, sans rencontrer un point quelconque pour prendre un instant de repos ; je pensai plusieurs fois y rester, tant j’étais épuisé.

Enfin, à cinq heures du soir, nous touchâmes au campement du bateau, à moitié morts de faim, n’ayant pris, depuis le déjeuner, qu’une petite soupe de pimmikon très-étendue d’eau. Nous trouvâmes un bon feu allumé et une soupe de porc et de blé venant du fort Vancouver. Je l’attaquai avec une telle avidité qu’un de nos hommes, craignant un excès de ma part à cause de mon épuisement, emporta poliment la soupière et son contenu hors de ma vue.

Nous étions attendus depuis trente-neuf jours, et les hommes seraient rentrés au fort Vancouver le lendemain, si le guide et M. Gillveray n’étaient pas arrivés à temps pour les retenir ; ils croyaient que nous avions été arrêtés par les Indiens ou que nous n’avions pu traverser la montagne. Leur départ nous perdait sans ressource. Je n’eus pas le temps de dessiner la vue qui était splendide ; je remis cela à mon retour ; aussi ne donnerai-je ici qu’un sommaire de notre descente de