Page:Paul Kane - Les Indiens de la baie d'Hudson.djvu/104

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dans cet endroit, et les hommes se refont si bien qu’on les reconnaît à peine.

23 novembre. — Campement à trois milles au-dessous des chutes. Pendant la nuit, des Indiens qui rôdent aux environs nous enlèvent des vêtements, ce qui nous contrarie vivement, vu l’état mesquin de notre garde-robe.

24 novembre. — Atteint le grand Rapide, qu’il fallait faire passer aux embarcations. Moi, je préférai pour mon compte aller à terre, et je venais de faire trois milles sans voir déboucher les bateaux, quand je vis dans l’eau quelque chose que je pris d’abord pour la tête d’un Indien à la nage. Je prépare mon fusil en cas d’attaque ; mais, en regardant de plus près, je reconnais le capuchon que Mme Lane portait le matin, et peu après j’aperçois les avirons de l’une des embarcations. Inquiet de mes compagnons, je cours en hâte au rapide. Là je vois un des bateaux, avec M. et Mme Lane dans la situation la plus périlleuse. Le canot avait donné contre un rocher et était sur le côté. Les hommes avaient montré une grande présence d’esprit. Au moment du choc, ils avaient sauté sur le plat-bord, près du rocher, et avaient maintenu le bateau dans cette position. L’eau écume et se brise avec rage autour d’eux. Si le bateau glisse, il est brisé en mille morceaux sur les rochers au-dessous ; mais leur manœuvre donne le temps à l’autre canot d’arriver, de passer le rapide et de venir leur jeter une corde. Les hommes du second bateau risquent fort de se jeter aussi sur le roc ; mais, avec beaucoup de précautions, ils parviennent à accoster et à sauver les naufragés ; l’embarcation, une fois lâchée, se précipite et est broyée en un instant. Nous ramassâmes ce que nous pûmes, mais