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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.
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sa vengeance. À peine est-il frappé par son premier agresseur, que l’Indien ne peut plus ni lâcher sa lance ni la retirer. Les deux autres frères rencontrèrent le même sort. Le veau se jeta à l’eau, en les entraînant tous trois, et nagea ainsi fort avant dans la mer. Après bien des milles de cette navigation, ils voient à l’horizon une île vers laquelle le veau se dirige. Près du rivage, ils peuvent enfin lâcher leurs lances et prendre terre. Se croyant en pays ennemi, ils vont se cacher dans des buissons. Cependant ils voient un petit canot tourner autour d’un point à l’horizon ; ce canot était conduit à la rame par un très-petit homme qui, quand il arrive vis-à-vis d’eux, amarre son bateau avec une pierre attachée à une longue corde ; il ne les aperçoit pas. Bientôt il saute par-dessus le bord de son canot, plonge et reste longtemps sous l’eau. À la fin, il reparait à la surface, apportant un grand poisson qu’il jette dans le canot ; il répète cela plusieurs fois, et chaque fois il regarde dans le canot pour compter sa pêche. Les trois frères mouraient de faim ; l’un d’eux s’offre pour nager : pendant que le petit homme plongera, il lui volera un de ses poissons. Il nage, arrive, prend sa proie avant le retour du pêcheur ; mais le petit homme, sitôt qu’il revient à la surface, découvre le larcin, et, étendant la main, la promène lentement vers l’horizon jusqu’à ce qu’enfin sa direction indique exactement l’endroit où les trois frères se tiennent cachés. Il lève l’ancre alors, rame vers le rivage, découvre immédiatement les trois frères. Puis aussi fort que petit, il leur lie les mains et les pieds, puis, les jetant au fond de son canot, il y saute aussi et rame vers la côte d’où il venait. Après avoir doublé la pointe, ils arrivent dans un village habité par une race d’êtres