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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.

l’emploi des liqueurs au moment de la morsure, peuvent opérer la guérison ; je n’ai, toutefois, jamais vu ni l’un ni l’autre moyen employé, et je soupçonne fort le dernier remède d’être une ruse indienne pour obtenir à tout prix des spiritueux.

11 juillet. — Beaucoup d’Indiens nous suivirent à cheval, à une grande distance le long du rivage. J’obtins un de leurs chevaux, et accompagné d’un Indien, je fis une pointe de sept à huit milles dans l’intérieur du pays, que je trouvai aussi aride et stérile que les bords de la rivière. Les sinuosités de son cours, que les bateaux devaient forcément suivre, me permirent de rejoindre mes compagnons plus loin ; cette course à cheval, quoique peu intéressante au point de vue du paysage, me procura néanmoins une diversion agréable à la monotonie des bateaux. Comme nous approchions de l’endroit où la Walla-Walla débouche dans la Columbia, nous nous trouvâmes tout à coup en présence de rochers extraordinaires, s’élevant en saillie sur un cône à pic ou rempart d’environ sept cents pieds au-dessus du niveau de la rivière. Les voyageurs donnent à ces rochers le nom de Cheminées, et comme on les voit à une grande distance, ils servent de points de reconnaissance pour s’orienter.

Les Indiens Walla-Wallas les appellent Rochers des filles Kiu-se. Voici la légende qu’ils racontent à leur sujet. Il faut se rappeler que toutes les tribus indiennes choisissent quelque animal auquel elles attribuent des pouvoirs surnaturels ou dans le langage du pays des pouvoirs magiques : la baleine, par exemple, sur la côte nord-ouest ; le Kee-ye, ou aigle belliqueux, le père du tonnerre, à l’est des montagnes Rocheuses, et le loup sur les bords de la rivière Columbia. Or, il arriva