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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.

gnes et descendre la Colombie pour aller visiter quelques amis. Une affection réciproque les engagea à se marier à Edmonton, singulier voyage de noce, n’est-ce pas ? Mais ils supportaient bravement les fatigues et les difficultés de la route, heureux de les partager ensemble et de se rendre utiles à leurs compagnons. Nous avions avec eux deux ou trois autres dames, et j’avais ma fille, âgée de dix ans, que je ramenais à ma femme, à Vancouver. J’avais laissé cette enfant deux ou trois ans auparavant à l’est de la montagne, chez un de ses parents, n’ayant pu l’emmener avec moi en même temps que ma femme. Je mentionnerai aussi un jeune homme nommé M. Gillioray, qui appartenait à la compagnie ; il avait avec lui un petit chien. Le reste de la troupe était des voyageurs ordinaires.

« J’arrivai en haut des rapides sur l’autre bateau ; le principal guide avait déjà passé, et je supposai les rapides dans la bonne période pour le passage. Je continuai donc sans m’arrêter ; mais engagé au milieu des rapides, trop tard pour faire reculer le bateau, je m’aperçois avec effroi que les tourbillons se remplissent. Un moment après, l’eau frise notre bord et retombe en nous remplissant d’eau. Je crie à tous de rester immobiles et de se tenir fermes sur leurs sièges ; que le bateau ne s’enfoncerait pas complètement à cause de la nature de sa cargaison, et que je les mènerais au rivage dans cet état. Nous courons ainsi pendant un mille. Le bateau rase un coin de rocher. Le botaniste, qui tenait sa femme dans ses bras, se sentant si près de terre, fait un bond subit pour l’atteindre ; à ce mouvement, nous nous remplissons d’eau, et ils disparaissent en se tenant embrassés. Le bateau chavire à l’instant même.