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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.

cinq de large ; elle était bien chauffée par des feux constamment allumés.

Les murailles et le plafond étaient tapissés de planches au lieu d’être badigeonnés, car on ne trouve pas de chaux dans les environs ; les boiseries étaient peintes et décorées d’une façon bizarre, et le plafond couvert de dorures fantastiques ; aucun Européen ne serait entré dans ce salon pour la première fois sans tressaillir.

On destine cette chambre aux réceptions des chefs sauvages qui visitent le fort, et l’artiste, inventeur de ces décorations, avait sans doute reçu l’ordre d’étonner les naturels. Il méritait à cet égard les plus grands éloges.

Aucune nappe ne couvrait notre table ; aucun candélabre d’argent, aucune porcelaine de Chine aux brillantes couleurs ne venaient se mêler à la simple magnificence de notre festin. Les assiettes et les plats d’étain poli, réfléchissaient de joyeux visages et suffisaient à donner un entrain charmant à cette fête de Noël.

Peut être sera-t-il agréable à quelque oisif dyspeptique qui se traîne péniblement dans les allées d’un parc de la capitale, afin de ramasser assez d’appétit pour manger à grand’peine un ortolan, de connaître la liste des mets qui nous furent servis.

Au bout de la table, devant M. Harriett, se trouvait un grand plat de bison bouilli ; au bas fumait un veau de bison accommodé de la même manière. Ne vous effrayez pas, timide lecteur, le veau était très-petit ; on l’avait enlevé à la vache longtemps avant qu’il n’eût atteint son entier développement ; c’est un des plats les plus recherchés des épicuriens de l’intérieur des terres. Devant moi, s’étalait un plat de mouffle au nez de morse