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LES INDIENS DE LA BAIE D’HUDSON.
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cercle d’environ trois pieds de diamètre ; ils étendent ensuite dessus une toile à voile ouverte au sommet. Un magicien (il s’en trouve généralement un dans chaque brigade) se place à l’intérieur, et commence à secouer les pieux, agitant sa crécelle et faisant d’une voix enrouée une incantation au Grand-Esprit. Ne pouvant dormir à cause de leur bruit discordant, je m’enveloppe d’une couverture, et je vais dans les bois où ils font leur orgie nocturne ; je m’approche de ceux qui entourent la tente magique, mais à mon arrivée les invocations cessent, et, le magicien annonce la présence d’un blanc. Je ne puis comprendre comment il s’en était aperçu par l’obscurité qui régnait, enfermé qu’il était dans une tente sans ouverture.

Le major, qui, d’accord avec plusieurs personnes très-sensées, professe une grande foi dans la magie de ces gens, me dit qu’un Canadien ayant une fois eu la témérité de soulever la couverture de la tente pour voir ce qui se passait à l’intérieur, en conçut une si grande frayeur, qu’il ne s’en remit jamais complètement, et qu’on ne put jamais obtenir de lui le récit de ses terreurs. Après deux heures environ de gestes et de chants, le magicien s’écria qu’il voyait cinq bateaux voguant à toutes voiles par un bon vent ; cette communication fut accueillie de toute la troupe par un grognement de satisfaction. Les Indiens adressèrent alors plusieurs questions au magicien ; quelques-uns lui demandaient des nouvelles de leurs familles qu’ils n’avaient pas vues depuis plusieurs mois. En faisant sa question, l’Indien jetait un petit morceau de tabac par-dessus la couverture de la tente ; alors le magicien agitait sa crécelle, après quoi il répondait qu’il voyait la famille faisant un bon repas d’esturgeon,