Page:Paul Sébillot - Littérature orale de la Haute-Bretagne.djvu/105

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manger était venu, revinrent au château. Ils reprochèrent au gardien sa négligence ; mais lui, d’un ton dolent, leur raconta son aventure, et au lieu de le consoler, les deux autres se moquèrent de lui.

Le lendemain, ce fut le tour de l’Arracheur de chênes, qui resta à la maison pendant que les autres étaient à la chasse. Le diablotin vint comme à l’ordinaire, se réchauffa, et battit le cuisinier, qui oublia, lui aussi, de sonner la cloche.

Jean de l’Ours dit : Ce sera moi qui resterai demain pendant que vous irez chasser dans la forêt.

Le diablotin vint encore et fit son manège accoutumé ; mais quand il voulut frapper Jean de l’Ours, celui-ci saisit sa bonne canne ferrée, et cogna le diablotin si fort qu’il s’enfuit de la maison. À midi, Jean de l’Ours sonna la cloche et servit à dîner à ses compagnons.

Après cela, il leur vint à l’idée de visiter le château. Jean de l’Ours vit sous une armoire une pierre de taille aussi grosse qu’une meule de moulin, et il ordonna à l’Arracheur de moulins de l’enlever. Elle bouchait l’ouverture d’un puits qui paraissait très-profond. On descendit l’Arracheur de moulins avec une corde ; mais quand il fut â la moitié du souterrain, il cria à ses compagnons de le remonter. L’Arracheur de chênes se fit descendre à son tour ; mais